jeudi 11 mars 2010

Histoire du blanc : la mort à Jarnac du 1er Prince de Condé devant les trois Henri.

Le Château de Condé - Brie champenoise Picardie se souvient du 13 mars 1569 - 441ème anniversaire de la mort de Louis 1er de Bourbon-Condé.

« A la mort d'Antoine de Bourbon, son fils Henri, le futur Henri IV, n'a que 9 ans et continue son éducation à la Cour avec les Princes du sang et en particulier avec son cousin germain Henri, fils de Louis de Bourbon, Prince de Condé, qui a quelques mois de plus que lui. La grande confiance que sa mère Jeanne de Navarre a pour les époux Condé favorise ce rapprochement.
C'est Condé qui les initie au maniement des armes. le 13 mars 1569, pour la première fois ils sont tout fièrs de l'accompagner  à  Jarnac.Ils voient le Prince en pleine action "gentilhomme au coeur de lion que nul de ce siècle n'a dépassé en hardiesse" (La Noue). A ces deux adolescents rien n'échappe : ils sont éblouis par le BLANC, adpoté par Condé et qu'il fait porter a ses reitres pour montrer sa pureté d'intention, le contraste est saisissant ; les catholiques sont vêtus de riches velours de couleurs ornés de riches broderies d'or et d'argent.ILs voient: l'un son Père, l'autre son Oncle, s'élancer dans cette terrible bataille faisant flotter bien haut sa bannière: "Doux péril pour Christ et la patrie" (Agrippa d'Aubigné. Malgré son peu d'hommes d'armes comparé au camp adverse deux fois plus nombreux, Condé est prêt de la victoire, mais blessé à la jambe à terre.


Ces deux adolescents remarquent le blanc, marque militaire des protestants adopté par le 1er Prince de Condé pour démontrer la pureté de ses intentions, et contraster avec les tenues somptueuses des Catholiques, vêtus de riches velours avec des broderies d'or et d'argent., alors qu'il souhaite se rendre, Louis est assassiné lâchement en recevant dans la nuque, contrairement à toute les lois de la chevalerie, un coup de pistolet commandité par le futur Henri III qui n'a que 18 ans. Le corps du Prince est chargé sur un âne et pendant deux jours exposé aux quolibets du Duc d'Anjou (futur Henri III) ces 2 cousins germains âgés de 16 et 17 ans en resteront à jamais marqués :Voir son Père, son oncle s'élancer si courageusement et loyalement avec se 300 reitres vêtus de blanc faisant flotter bien haut sa bannière: "Doux péril pour Christ et la Patrie", et mourir d'un coup de pistolet tiré de dos, puis sa dépouille humiliée et profanée chargée sur un âne de façon horrible.. Quelle mise en scène, d'abord splendide puis sordide...



En souvenir de son Oncle, Henri IV adoptera l'écharpe blanche qui deviendra la marque du Roi, et c'est d'où vient d'après Agrippa d'Aubigné le fameux mot d'Henri IV "Ralliez vous à mon panache blanc"..Aujourd'hui encore, le blanc est associé à notre drapeau national et reste très apprécié pour communiquer, faire passer des messages, ne serait-ce qu'en politique, où, aux dernières élections à la présidence, la candidate finale était vêtue de blanc.. »

Isabelle de Rochefort
Château de Condé
Photos et texte sous (c) et DR – (nous contacter pour toutes précisions)

Pour aller plus loin :

images :
(1) : Louis 1er Prince de Condé vêtu de blanc par Clouet (collection Musée Condé Chantilly)
(2) : Henri Ier de Bourbon, second prince de Condé (écharpe blanche), par Ribou
(3) : Louis XIII de France (écharpe blanche), école de Philippe de Champaigne